lundi 29 juin 2009

Evocation d'une toile récente: "Noces à Tipasa" (juin 2009)

Noces___Tipasa"Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L'odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. A peine, au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s'ébranle d'un rythme pur et pesant pour aller s'accroupir dans la mer. (...) Sur la mer, c'est le silence énorme de midi."

Transposition picturale du premier des quatre essais de Noces (1936-1937) intitulé "Noces à Tipasa". Toile-Hommage à Albert Camus (âgé de 24 ans quand il rédige ces quatre textes magnifiques). Hommage à la fulgurante beauté méditerranéenne. Fond bleu nuit, celui de la lumière noire en plein midi. Colonnade mathématiquement non entamée: puissance symbolique de l'effort humain "toujours recommencé" (dirait Valéry) d'égaler les dieux. Couleur vert sombre du "temple". La lumière noire recouvre tout dans le vertige dont parle Camus. Perte des repères spatiaux. Espace dessus-espace dessous: disparition du "sujet" au profit de la masse du tableau, tout entière équivalente. Silence. Con-templation. Monochromie. Absence de dégradé.

Caractéristiques: peinture à l'huile sur toile (89 x 116), Juin 2009

Posté par vincent alzial à 11:31 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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